Accueil > Billets d’humeur > Chronique de la répression ordinaire

Chronique de la répression ordinaire

dimanche 29 janvier 2017, par FA-Amiens

Au printemps dernier, à Amiens comme ailleurs, jeunes et moins jeunes se sont réveillés au son d’une loi Travail injuste et régressive. Campus investis en lieu de vie et de débats, manifestations festives, nuits debouts sous la pluie. Les amiénois s’organisaient, pendant que la colère devenait générale.
Mais plus la prise de conscience montait plus les flics suréquipés se montraient. Plus nous comprenions que cette loi mettait en péril toutes les luttes sociales, plus l’intimidation progressait. Vous et moi, étions ce vent de contestations et, visiblement, nous leur avons fait peur.
Premières convocations aux commissariats : on interroge, on cherche la délation. Premières garde-à-vues, c’est l’attente devant le commissariat pour voir sortir nos camarades, 12h… 24h … 36h… L’Etat d’Urgence justifie la déraison. Et comme toute mécanique bien huilée, la première attaque directe contre mouvement social sème la division parmi les manifestants. Il nous faut alors réagir rapidement, subir le contrecoup. Comment tenir devant les condamnations qui pleuvent ? Les militants les plus isolés sont touchés : ils sont sans emploi, sans parti, sans syndicat. Sursis, prison ferme, amendes... Une quinzaine de personnes voit leurs avenirs, leurs projets s’effondrer.
Pendant ce temps, la Mairie d’Amiens soigne son image : belles rues, belles décorations de Noël, invitation à accepter un travail précaire chez Amazon. Mais surtout, elle réclame des dizaines de milliers d’euros à des manifestants et fait payer le droit de se réunir aux associations.

Aujourd’hui, à Amiens comme ailleurs, vous et moi sommes pourchassés, assommés, réduits au silence. Alors que les médias poussent à l’oubli, la répression continue. Pour une participation à une manifestation à Paris en mai 2016, un camarade arrêté et jugé (coupable, pas besoin de le préciser) attend de savoir à la fin de ce mois de janvier quelle privation de liberté, il devra subir. Six mois avec un bracelet sont requis par le procureur. Enchainer un homme, le garder à l’œil, voilà le seul courage de l’Etat.
Les socialistes ont donné les bases du prochain gouvernement. Encourager la coercition et (re)mettre SES citoyens, dans SES cases : travailler et se taire. Surtout se taire. Comment oser contester, juste s’exprimer, quand pour une simple manif., chacun risque la prison ? L’enfermement c’est nier qu’on est humain, nier qu’on est égaux.
Le gouvernement s’oppose au peuple, à vous et moi de réagir.

Le chat