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L’anti-fascisme : une distraction petite-bourgeoise ?

dimanche 13 octobre 2013, par Bernoine, Hector Tator

Au début de l’été 2013 s’est constitué à Amiens un collectif de vigilance anti-fasciste, auquel participe le groupe Alexandre Marius Jacob.
Il n’est pas rare d’entendre des militants d’extrême-gauche et des libertaires affirmer que la lutte contre les fascismes est annexe, voire qu’elle correspond à un phénomène de mode quand elle n’est pas purement et simplement un « divertissement pour petits bourgeois en mal d’aventures ».
Il ne s’agit pas ici de donner une définition du fascisme - les théories sur le sujet sont nombreuses -, ni d’en énumérer les variantes, mais de rappeler quelques points.

Le développement des partis et groupuscules fascisants ou fascistes, est intimement lié aux faillites cycliques du capitalisme. D’une banqueroute structurelle à une offensive contre les travailleurs, il n’y a qu’un pas que les classes dirigeantes franchissent allègrement pour « relancer l’économie ». La misère gagne, certains territoires sont ruinés et les quelques services publics qui y assuraient un semblant de cohésion se réduisent drastiquement. Plutôt que de se retourner contre les vrais responsables (élites économiques et politiques), la colère engendrée par la souffrance et l’impuissance est détournée et transformée en racisme, en sexisme, en homophobie : la création d’un ou de plusieurs ennemis intérieurs (islamistes, roms, homosexuels) est une manipulation grossière mais efficace.

Le redéploiement de ces idées est très largement favorisé par les gouvernements qui se succèdent. D’une part c’est une donnée qui compte dans les stratégies électorales à court terme. D’autre part la constitution de ces partis et groupuscules assurent aux classes dominantes un bras armé à bas prix contre les courants de pensées qui souhaitent abolir toutes formes de domination - capitalisme compris. Les mouvances d’extrême-droite ont en partie comme fonction de s’opposer manu militari aux mouvements ouvriers révolutionnaires. La destruction systématique des acquis sociaux impliquent donc nécessairement de la part des dirigeants une position qui oscille entre tolérance, bienveillance, et soutien à l’égard des fascismes, pour se protéger.

Et ça prend : la dépolitisation orchestrée par les médias de masses permet l’instillation des concepts les plus réactionnaires. En termes de propagande, un raisonnement caricatural, fantasmagorique et fondé sur des peurs est aisément assimilable : le simplisme des pensées d’extrême-droite est paradoxalement la plus grande force de ces courants. En soi incapables de produire une réflexion novatrice ou originale, ils n’en demeurent pas moins de très bons faussaires intellectuels et de redoutables communicants.

Il est impensable, sous couvert de tâches plus urgentes ou plus nobles, par paresse intellectuelle ou par lâcheté de laisser se propager ces thèses haineuses. Aussi, dans l’optique de la réalisation d’une société débarrassée de toutes hiérarchies, la lutte continue : ils ne passeront pas !