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Communiqué : Lubrizol

mercredi 2 octobre 2019, par FA-Amiens

SORTONS LES CROCS CONTRE UN CAPITALISME DE PLUS EN PLUS MEURTRIER !

Nous ne sommes pas dupes des empoisonneurs ! Il est temps d’organiser une riposte à la mesure des catastrophes industrielles provoquées par un capitalisme de plus en plus déterminé dans sa course au profit, au détriment de la vie et la santé des populations prises en étau !

Le 26 septembre dernier, le site de Lubrizol de Rouen a pris feu, et a été partiellement détruit par un incendie libérant pendant vingt-quatre heures une colonne de gaz toxiques dans un rayon de 35 km de long sur 6 km de large, pour finir sa course dans le Pas-De-Calais

Le groupe Lubrizol est contrôlé par un conglomérat appartenant au milliardaire Warren Buffet, troisième fortune mondiale ; son constat : « Entre le monde du travail et celui du capitalisme, c’est ce dernier qui a gagné !  »

Récidiviste !

Il s’agit du quatrième accident industriel depuis 2013 chez Lubrizol ! Le premier avait libéré un gaz hautement toxique, le mercaptan, dont les effets nauséabonds ont atteint jusqu’au Sud de l’Angleterre. La société ne sera condamnée qu’à l’amende ridicule de 4000 Euros ! Le second - en 2015 - une fuite d’huile dans le réseau d’évacuation des eaux pluviales…

Le 3 septembre dernier, en fin d’après-midi, un feu s’est déclaré au sein de l’usine Lubrizol, à Oudalle, en région havraise. L’incendie a été circonscrit rapidement, aucun média n’a jugé utile d’en parler ! Là encore un désastre a été évité de justesse. L’affaire n’est ressortie que ce 26 septembre, après l’incendie du site de Rouen !

Opacité et mensonges

Quelle gestion par les autorités de ce grave incident, dont on ignore l’impact sur la santé de milliers d’habitants, la faune, la flore de l’agglomération rouennaise et au-delà ?

Des consignes du Préfet, dans un communiqué laconique évoquant « l’absence de risque aigu  » sans que l’on sache ou se plaçait le curseur, incitant à rester confinés chez soi comme des poulets jusqu’à nouvel ordre, puis plus rien ! Yvon Robert a souligné le sérieux des normes de sécurité chez Lubrizol, et ses investissements dans le domaine, propos qu’il a eu l’indécence de réitérer le lendemain ! Castaner, surqualifié en terme de gaz toxiques, surtout dans la gestion des manifestations, a fait le déplacement à Rouen tandis que l’ARS (Agence régionale de santé) et la préfecture restaient muettes !

A midi, le 26 septembre, jour de l’incendie, la gestion de l’accident par les médias était terminée ! Oubliés les riverains déboussolés, pris dans cette puanteur toxique, sidérés devant la colonne de fumée et ses retombées de marée noire. Gloire à Chirac sur toutes les ondes et les antennes ! Gloire à la Françafrique, au SAC, aux détournements de fonds publics ! Vive le bruit et l’odeur ! En effet, le bruit et l’odeur ont explosé ce jour-là ! Puis place à Macron !

Chaque jour, l’étendue des dégâts sanitaires occasionnés par l’incendie s’alourdit ! Dans un article du 27 septembre Sciences et vie publie la liste des produits toxiques et des substances radioactives stockées dans les entrepôts. 8000 m2 de toiture amiantée se sont effondrés, mais à Rouen, les particules ne se dissolvent pas dans l’atmosphère, car selon le Préfet, la qualité de l’air ne s’était pas détériorée depuis le 26 septembre !

Que faire ?

Ce n’est pas en portant des uniformes verts, ni en se déguisant en pâquerettes que nous pourrons exiger la fermeture des sites Seveso, Lubrizol en tête, et que nous obtiendrons que les pollueurs de ces multinationales, qui engrangent des milliards d’euros repartent avec leurs capitaux, qu’ils soient américains, d’ici ou d’ailleurs...

Des manifestations de masse sur le climat se sont multipliées. Non seulement l’État les ignore, mais les forces de répression gazent et violentent les manifestants quand elles ne les mutilent pas ! Les partis et organisations, du PS aux Verts en passant par le PC, n’ont pour seuls objectifs que les enjeux électoraux. D’autres, centrales syndicales, organisations, cautionnent le nucléaire, les énergies fossiles au nom de la défense de l’emploi !

Il est temps de s’organiser collectivement, car des populations entières sont menacées, et c’est l’affaire de tous ! Assez de récupérations électoralistes de « bonnes intentions » de la part de petits potentats qui, par leurs conceptions autoritaires, font fuir les personnes motivées qui rejoignent ces mouvements.

La riposte doit être collective, radicale, autogérée, chacun(e) doit pouvoir s’y exprimer, trouver sa place, décider à voix égale, sans se soumettre au « prêt à penser » d’organisations en mal d’idéologie managériale ! Une énième manifestation ne réglera rien, il faut s’organiser dans la durée, occuper, envahir les instances qui ne débitent que des mensonges, exiger que la vérité soit faite et que les pollueurs paient ! Il faut empêcher la reconstruction de ce site meurtrier, déjà annoncée par les vautours de la multinationale avant même que les résultats du désastre sanitaire ne soient connus ! Il est temps, il est grand temps de se mobiliser aujourd’hui, car demain, il sera trop tard.

Si nous n’organisons pas nous-mêmes notre survie, qui le fera ?
Seule la destruction du capitalisme mondial sauvera la planète !

Communiqué du groupe de Rouen, Fédération Anarchiste